samedi 28 juin 2008

Bilan : presque 7 mois déjà…

Oups, le temps passe si vite…mille excuses à mes chers amis pour la rareté de mes nouvelles. Bref, j’ai fait de Taipei ma ville, une ville dans laquelle je suis presque entièrement à l’aise. Je me suis graduellement bâti une nouvelle vie, un écosystème solide, stable, mais également flexible et complexe. En résumé, j’ai tous mes papiers, une excellente job, assez de cash qui rentre pour subvenir à tous mes besoins, mon appart, mon ordinateur portable, mon gym, mon mandarin ressemble à du mandarin et mon réseau de contact s’agrandit de jour en jour. Mis à part mes colocs qui s’auto-proclament fièrement des ‘Jesus Freak’, je ne peux que m’admettre Heureux.

Fini la paperasse!!!

J’ai vaincu la bureaucratie taïwanaise. J’suis sorti de la maison des fous d’Astérix avec mon laissez-passer A38, qu’on appelle ici ARC (Alien Resident Certificate). Pour l’obtenir, j’ai préalablement dû me trouver une job, fournir un certificat de santé, obtenir un permis de travail et un visa de résident. À l’exception du permis de travail, toutes les étapes se sont déroulées sans trop de problèmes. Après un mois de paperasse (mais quand même largement à l’intérieur de mon ultimatum de 2 mois), j’ai obtenu mon ARC, qui légalise officiellement mon statut d’enseignant d’anglais à Taïwan pour un an. Je peux maintenant me concentrer sur des problèmes beaucoup plus sérieux, comme comment efficacement chasser les moustiques et comprendre pourquoi les verres dans ma cuisine proviennent de Turquie…

Travail et argent

Niveau travail, encore une fois je resterai succinct, car il est difficile de décrire un emploi aussi enrichissant que celui de professeur. Quelques bas, plusieurs hauts, je maîtrise actuellement étonnamment bien mon nouvel emploi. J’adore ma job et ma boss me défère une révérence imméritée. J’ai travaillé 45 heures/semaine durant les trois semaines de vacances du jour le l’An Chinois en janvier. C’était très exigent, mais extrêmement formateur et payant. Ces trois semaines intensives se sont avérées très salutaires puisqu’au départ, j’étais un peu serré dans mon budget. Maintenant, mon horaire s’est stabilisé à 17.5 heures semaine, à 20$Can par heure. Bien que le nombre d’heures demeure faible, mon revenu est amplement suffisant pour subvenir à tous mes besoins puisque le coût de la vie ici est beaucoup moins élevé qu’au Canada. À titre comparatif, un employé au mcdo (un peu au-dessus du salaire minimum) ici se fait 2,85$Can de l’heure. Je travaille généralement en soirée, 3 heures par jour, 6 jours semaine, me laissant donc un horaire très flexible et décontracté. Après mes deux premiers mois ici, j’étais déjà très bien installé et j’avais alors un nouveau choix à faire: me trouver un travail de jour et me faire la ‘passe’ de cash ou me mettre sérieusement à étudier le mandarin. J’ai choisi l’option 2, puisque je n’aurai pas d’autres aussi belles opportunités d’apprendre le mandarin au Québec. De plus, communiquer avec les locaux demeure une de mes priorités, puisque j’ai également l’intention de bien comprendre la culture Taïwanaise et de m’intégrer dans cette société stupéfiante.



Quelques collègues de travail

Mandarin 101

Donc depuis la mi-février, je suis des cours de mandarin en tutorat. J’étudie trois fois par semaine, deux heures par jour et les cours ont lieu tôt le matin, de 12h00 à 14h00. Bien entendu, la Chu-Makina arrache tous les records de performance : en 4 mois, j’ai presque terminé mon troisième livre, ce qui correspond à normalement à 2 ans d’études pour un étranger motivé. Mais je dois bien admettre que j’avais plusieurs longueurs d’avance, puisque je parle le Cantonnais et j’avais déjà suivi des cours de mandarin il y a quelques années de cela. Malgré tout, je puise dans ma progression fulgurante une motivation intarissable. J’apprends à parler, lire et écrire une langue ancienne, riche et fascinante. Malgré tout, je suis encore très loin de maîtriser cette langue et j’ai encore beaucoup de travail à faire. J’ai eu plusieurs bons professeurs et quelques mauvais, mais le seul principal problème, c’est que c’est assez cher : environ 250$Can par mois. Avec toutes ces heures à étudier mon mandarin, à enseigner l’anglais et à dormir, tel l’Univers en expansion, mon bedon a grassement foisonné à mon insu. Si au Québec des doutes pouvaient encore persister tant qu’à mon léger embonpoint, ici comparativement aux Taïwanais, je suis carrément obèse. Disons que le standard de minceur ici est assez difficile à battre!

Petit bedon devient moins rond

Mon nouveau quartier est génial non seulement pour ses nombreux dépanneurs, supermarchés, cafés et restaurants, mais il m’offre également un gym à deux minutes de marche de chez moi. Je suis maintenant membre du gym depuis trois mois et ça m’a fait énormément de bien. Malgré son nom affreux (California gym fitness), pour 45$Can/mois, ce centre de conditionnement m’offre, sans frais supplémentaire, une piscine et un spa extérieurs, un sauna, un service de serviettes, des cours de yoga, de taïchi, de body-combat, de danse et autres cours de toutes sortes. J’ai tenté l’expérience deux mois durant avec le yoga à raison de 3 fois par semaine. Malgré le fait que j’ai adoré l’expérience masochiste, j’ai du mettre un terme à cette activité après m’être légèrement blessé au cou en essayant pathétiquement de faire la chandelle. Un panda faire la chandelle vous avez déjà vu? Je dois bien admettre que je n’ai vraiment pas la morphologie idéale pour ce genre d’activité. J’ai par contre beaucoup appris sur moi-même : j’savais que j’n’étais pas flexible, principalement des jambes, mais le yoga m’a fait découvrir qu’en fait, je ne suis pas flexible de partout. Malgré les commentaires positifs de mes professeures de yoga, j’me suis plutôt rabattu vers le taïchi et le body-combat, qui pour l’instant me conviennent parfaitement. Ce ne sont pas des cours de très hautes qualités, mais ils sont gratuits et c’est toujours plus motivant que de courir après une TV sans son avec sous-titres en chinois. Je m’adonne également à la levée de poids intense, activité que je partage avec plusieurs collègues de travail américains. Ces derniers sont assez sérieux, ont généralement un programme assez strict, surveillent leur diète et prennent des shakes protéiniques. Moi, j’aime surtout les déranger.

Les colocs

J’ai toujours gardé l’esprit ouvert envers les autres religions et je ne veux vraiment pas transmettre de messages haineux envers le Christianisme, mais je vis maintenant avec deux Sud-Africains blancs très très religieux. Un gars, une fille. Ils vont à l’église à tous les dimanches, parfois le samedi et ont des réunions de discussions bibliques trois fois par semaine. Le Christianisme fait parti intégrante de leur vie et aucune journée ne passe sans que l’évocation de Jésus ne se fasse. Au lieu de me remercier, ils me bénissent. L’appartement est chargé de messages évangéliques succulents. Ils raffolent des films du genre : le coach d’une équipe américaine de football gagne le championnat (contre toute attente) et la morale de l’histoire c’est qu’il ne faut jamais cesser de croire en Jésus. Imaginez le blasphème que j’ai créé lorsque je leur ai annoncé que j’étais plutôt agnostique… J’ai eux droits à plusieurs livres sur la table de cuisine du genre :’Comment reconnaître Lucifer’ ou ‘Comment vivre au jour le jour les yeux tournés vers Dieu’ et plusieurs DVDs à succès à écouter. J’ai également eu droit à plusieurs commentaires subtiles du genre ‘entouka, moi si j’étais sceptique quant à l’existence de Dieu, ce genre d’évènement (X) me ferait définitivement changer d’avis’. Ils sont environ 8 Sud-Africains qui font toujours tout ensemble, qui vont à la même église et qui partagent toujours les mêmes opinions (généralement contraires aux miennes). Dieu leur parle, ils parlent au nom de Dieu et ils sentent simultanément la présence de Dieu à certains moments précis. Étonnamment, ils ont quelques difficultés d’adaptation avec la société Taïwanaise, qu’ils détestent. D’abord, le bouddhisme va à l’encontre de tout ce que l’ont retrouve dans la bible : le dragon est un signe maléfique et le polythéisme est illogique. Les étudiants à problèmes n’ont pas de troubles comportementaux, mais sont en fait possédés (et si on fait attention, on peut distinguer clairement le moment de transition). Les clochards ne sont pas des êtres humains, mais des démons. Ils y a également des sorcières dans les rues qui leur donnent des chocs électriques. Ils sont tous prof d’anglais à Taïwan depuis au moins 3 ans, mais aucun d’eux ne parlent le mandarin. Malgré tout, mis à part leurs idéaux différents, ils sont quand même sympathiques.

Nouvelles en vrac

Je commence mon horaire d’été lundi. Je travaillerai désormais environ 25 heures/semaine, mais j’ai maintenant congé les samedis! Ensuite, j’ai réduit mes sessions de mandarin à 2 au lieu de 3 par semaine, puisque mon horaire est maintenant un peu plus chargé. L’été est arrivé, il fait toujours au-dessus de 30°C, mais je m’acclimate étonnamment bien à la chaleur. Il ne suffit que de tout faire lentement, comme quand on dort par exemple.

Je m’amuse tellement ici que j’ai finalement décidé de prolonger mon séjour ici de 3 mois : mon retour est prévu pour la fin novembre. J’envisage de garder mon mois de novembre pour voyager en Chine continentale et autres endroits en Asie, si possible.

Les dimanches, lorsque j’avais le temps, j’accompagnais deux de mes amis de mon école de chinois pour visiter les alentours de Taipei (péripéties que je raconterai une prochaine fois). Ils étaient vraiment géniaux, mais ils sont maintenant repartis aux US il y a déjà un mois de cela. J’ai donc perdu mes compagnons de voyage, mais je garde espoir d’en retrouver d’autres.



Kerri et Chris

Côté amis, ça va, mais je n’ai pas encore rencontré de Québécois ici. J’sais qu’ils existent, car je connais des gens qui connaissent des gens qui en connaît, mais pour l’instant, rien de vraiment tangible. Je dois donc toujours communiquer en anglais ou en mandarin, ce qui veut dire que je n’ai presque pas parlé français depuis plus de 6 mois. De plus, il est certain que je m’ennuie de mes amis et de ma famille, car ici, malgré les nombreuses rencontres et les conversations stimulantes, mes relations demeurent généralement superficielles.

Alors à vous, chers amis, je vous souhaite, de l’autre bout de la planète, une bonne St-Jean avec beaucoup de plaisirs, quelques abus et en masse de fun!!! Prenez soin de vous!

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